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A. Dumond in Les cahiers de la guitare, n°74 :
« N’est pas breton qui veut ! C’est bien cet esprit qui anime son dernier disque. A l’écouter, on croit y retrouver des mélodies que l’on connaît déjà et puis on s’aperçoit qu’elles sont siennes. Là encore, cet art d’interpeller chaque style en lui donnant sa couleur propre, de s’y glisser comme s’il y avait habité depuis toujours.
Pierre Rescan est un artiste libre. Il ne s’enferme pas. Il aime le large, cela s’entend. Et en l’écoutant, comme par enchantement, c’est un peu nous qu’il libère ».
Peter Thornton (GB):
« Pierre Rescan entretient un rapport particulier avec son public. Pas question pour lui du silence poli des salles de concerts. Il aime échanger ses impressions avec l’auditoire. Dans ses enregistrements, il accompagne chaque pièce d’une dédicace poétique qui touche et émeut celui qui l’écoute. Pendant 90 minutes, il a subjugué le public avec un savant dosage de technique classique et d’émotions personnelles, quand il a retracé l’histoire de la guitare, de la cour d’Henri VIII aux danses espagnoles et d’Amérique du Sud. Une soirée de charme français et de subtile guitare ».
Eric Sénécal :
Manisman est un disque original et très personnel. La guitare est sa muse. Ses cordes résonnent comme si elles étaient des antennes pointées vers les différentes cultures et les rencontres qu’il a fait au cours de ses voyages. Vous seriez fous de rater ce disque. Parce que tout musicien qui ose jouer ce qu’il est, décrire les images qui virevoltent dans sa tête et qui fait vibrer de la sorte ses doigts sur les cordes, est rare et précieux.
Pierre Albert Castanet :
Homme de culture ouvert aux quatre vents, Pierre Rescan semble pratiquer instinctivement un art fusionnel dont les facettes – hautes en couleurs – sont typiques du folklore moderne de notre vingtième siècle finissant. A l’heure où la géographie politique se relève d’avoir fait tomber quelques frontières, le guitariste reflète artistiquement le monde en flirtant sans scrupule avec les bases du divertissement populaire et les acquis de l’agrément savant.
Si dans le premier album discographique, l’abstraction contemporaine côtoyait la ballade européenne, dans la présente livraison, l’intimité de la sagesse baroque (Sarabande) rencontre l’humeur mélancolico-sereine de la bossa nova (Morna da Triz) là où la danse pantomimique – un rien sépia – (Café Florian, Tango du bout du quai) invite finalement à la méditation d’ordre mythologique (immédiate ou lointaine). Volontaire ou non désiré, ce transport musical renvoie à la mythologie de notre quotidienneté. A partir de là, la délicatesse de l’invention suit son cours ingénieux. Outre le galbe ourdi des contours mélodiques, le fin dosage des timbres, des harmonies et des rythmes ouvrent avec solennité les portes estompées de la rêverie.
Environnementaliste et sentimentaliste, coloriste autant qu’utopiste, Pierre Rescan fait mine de privilégier l’expression librement déconnectée des tablettes scolastiques pour mieux taquiner la muse extravaguée. A ce titre, il est le troubadour de notre vie comme Monsieur Jourdain pouvait être parfois à l’écoute de la prose des autres.